
Très attendue par l’opinion publique nationale, les supporters des Verts et même par une partie de la presse sportive internationale, la réunion du Bureau fédéral de la Fédération algérienne de football (FAF), tenue samedi à Sidi Moussa, devait apporter des réponses claires à la débâcle de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde 2026. Au final, elle n’a accouché que d’un long communiqué aux allures de plaidoyer défensif, sans la moindre décision forte concernant les véritables responsables de cet échec.Après une semaine de silence pesant depuis l’élimination humiliante de l’Algérie dès les seizièmes de finale, les observateurs s’attendaient à des mesures concrètes et à des annonces fortes. Or, à l’issue de plusieurs heures de réunion, une question essentielle demeure sans réponse : quel sera le sort de Vladimir Petkovic, qui faut il le souligner a brillé par son absence ?Le sélectionneur suisse-bosnien, dont les choix tactiques et les résultats sont largement contestés depuis plusieurs mois, reste pour l’heure en poste. Aucune décision n’a été annoncée, aucun calendrier n’a été fixé et aucune orientation claire n’a été donnée. Une situation qui contraste fortement avec l’ampleur de la déception populaire suscitée par l’échec mondialiste.Au lieu de répondre aux interrogations légitimes des supporters, le président de la FAF, Walid Sadi, a livré un discours mélangeant regrets, remerciements aux plus hautes autorités de l’État et mises en garde à peine voilées contre les médias et les voix critiques. Tout au long du communiqué, la Fédération semble davantage préoccupée par la défense de son image que par une véritable remise en question de sa gestion sportive.Plus surprenant encore, le président de la FAF continue de présenter la simple qualification au Mondial comme une performance majeure. Une lecture qui peine à convaincre. Certes, l’Algérie retrouvait la Coupe du monde après douze années d’absence, mais dans une compétition désormais élargie à 48 nations, où des sélections modestes comme Haïti, le Cap-Vert, la Jordanie ou encore Curaçao ont également décroché leur billet, cette qualification ne saurait être considérée comme un exploit historique.À l’image de Petkovic qui, après l’élimination face à la Suisse, avait tenté de relativiser l’échec, Walid Sadi semble vouloir minimiser la portée du fiasco. Le constat est pourtant implacable : l’Algérie disposait d’un effectif largement capable de faire mieux et de franchir plusieurs tours supplémentaires. L’élimination prématurée constitue donc un échec sportif évident, quels que soient les artifices de communication utilisés pour l’atténuer.Cette réunion du Bureau fédéral donne également l’impression d’une tentative de dilution des responsabilités. Habitué à gouverner seul depuis son arrivée à la tête de la FAF, le ministre des sports Walid Sadi cherche désormais à associer le Bureau fédéral aux décisions à venir afin d’en partager le poids politique. Une démarche qui contraste avec la manière dont Vladimir Petkovic a été recruté puis conforté dans ses fonctions.En effet, ni le Bureau fédéral ni un quelconque collège technique n’avaient été sollicités pour valider le choix du technicien suisse-bosnien. De même, lorsque la FAF avait décidé de prolonger son contrat et de lui renouveler sa confiance malgré des prestations déjà critiquées, aucune consultation élargie n’avait été organisée. Pourquoi alors invoquer aujourd’hui l’avis d’un Collège technique national pour statuer sur un dossier dont le principal responsable politique demeure le président de la Fédération lui-même ?La décision de charger le Directeur technique national de convoquer une session extraordinaire du Collège technique apparaît ainsi davantage comme une manœuvre destinée à gagner du temps qu’une réelle volonté d’obtenir une expertise indépendante. La FAF semble chercher à repousser l’échéance plutôt qu’à assumer rapidement ses responsabilités.Pendant ce temps, les supporters attendent toujours des réponses. Ils attendent surtout de savoir qui assumera les conséquences d’un échec qui était pourtant largement prévisible au regard des lacunes affichées depuis de longs mois par la sélection nationale.Au terme de cette réunion, une seule certitude se dégage : le flou demeure total. Ni Petkovic ni son staff n’ont été fixés sur leur avenir. Les promesses d’évaluation, les appels à la sérénité et les discours sur la stabilité ne suffisent plus à masquer une réalité devenue évidente : la FAF peine à prendre les décisions fortes qu’exige la situation.La montagne a finalement accouché d’une souris.
Red
Rivalite Sport Rivalite Sport