
À moins de deux mois de la prochaine date FIFA et du coup d’envoi des éliminatoires de la CAN 2027, l’équipe nationale se retrouve dans une situation aussi absurde qu’inquiétante. Son sélectionneur est virtuellement sur le départ, mais toujours en poste. Son avenir semble scellé, mais aucune décision officielle n’est annoncée. Quant à la Fédération algérienne de football et à son président Walid Sadi, ils continuent de cultiver un silence qui ressemble davantage à un aveu d’impuissance qu’à une stratégie maîtrisée.La réunion du Bureau fédéral de samedi devait pourtant permettre de faire toute la lumière sur le dossier Petkovic. Il n’en a rien été. Le technicien suisso-bosnien était absent, alors qu’il était censé présenter son rapport sur l’échec retentissant des Verts au Mondial 2026. Plus surprenant encore, aucun communiqué, aucune explication et surtout aucune décision n’ont été rendus publics concernant celui qui est pourtant au centre de toutes les préoccupations du football algérien.Pourtant, selon plusieurs indiscrétions, un scénario semblait avoir été arrêté. Petkovic avait obtenu l’accord de Walid Sadi pour rentrer en Suisse afin de récupérer après la Coupe du monde et préparer le rapport qu’il devait soumettre au Bureau fédéral. Dans le même temps, les deux hommes auraient convenu du principe d’une séparation négociée, moyennant une indemnité limitée à quelques mois de salaire.Mais visiblement, les calculs de la FAF se sont révélés erronés.Tout indique aujourd’hui que Petkovic n’a aucune intention de renoncer à ses droits contractuels et qu’il refuse un accord qui lui serait défavorable. Le technicien serait prêt à aller jusqu’au bout pour faire valoir ses intérêts. Dès lors, la fédération se retrouve piégée dans un dossier qu’elle croyait probablement pouvoir régler discrètement et rapidement.Selon les rumeurs qui circulent avec insistance du côté de Dely Brahim, certains responsables fédéraux espéreraient désormais pousser le sélectionneur à commettre une erreur ou à se placer lui-même en situation de rupture afin de réduire le coût de son départ. Une méthode qui en dit long sur l’improvisation qui semble régner dans la gestion de ce dossier.Le plus grave reste cependant ailleurs. Pendant que la FAF tergiverse et que Petkovic demeure à des milliers de kilomètres de l’Algérie, personne ne travaille réellement sur l’avenir immédiat de la sélection nationale. Les éliminatoires de la CAN 2027 approchent à grands pas. Les joueurs sont dans l’expectative. L’opinion publique est abandonnée aux rumeurs. Et le football algérien avance sans capitaine ni direction claire.Cette situation est avant tout l’échec de Walid Sadi. Car si Petkovic porte une lourde responsabilité dans les déconvenues sportives récentes, celui qui l’a recruté et maintenu à son poste malgré les nombreux signaux d’alerte n’est autre que le président de la FAF. Aujourd’hui, celui-ci semble incapable de gérer la sortie de l’entraîneur qu’il avait lui-même choisi pour conduire les Verts vers les sommets.À force d’attendre, de tergiverser et de communiquer au compte-gouttes, la FAF donne l’image d’une institution paralysée. Une fédération qui subit les événements au lieu de les maîtriser. Une fédération qui semble davantage préoccupée par les conséquences financières de ses décisions passées que par l’avenir sportif de la sélection nationale.Le football algérien mérite mieux qu’une telle confusion. Il mérite des dirigeants capables d’assumer leurs choix, de prendre leurs responsabilités et de trancher lorsque l’intérêt supérieur de la sélection l’exige. Aujourd’hui, force est de constater que la FAF de Walid Sadi peine à répondre à ces exigences.Et pendant que les responsables cherchent une issue à un dossier qu’ils ont eux-mêmes créé, c’est toute une nation qui assiste, impuissante, à un spectacle de désordre dont elle n’avait certainement pas besoin.
Red
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