FAF : Le paravant Antar Yahia pour sauver Walid Sadi ?

Alors que le dossier de Vladimir Petkovic est loin d’être définitivement clos, malgré les informations non officielles laissant entendre que le technicien suisso-bosnien aurait accepté de quitter son poste sans percevoir d’indemnités, la Fédération algérienne de football semble déjà vouloir tourner la page. À travers des relais officieux et des voix proches de sa direction, le président de la FAF laisse filtrer le nom d’Antar Yahia comme futur sélectionneur national. Une annonce qui ressemble davantage à une opération de communication qu’à une véritable réflexion sur l’avenir des Verts. En misant sur Antar Yahia, héros de la mythique qualification d’Oum Derman, la FAF chercherait avant tout à capitaliser sur une figure unanimement respectée afin de détourner l’attention de l’opinion publique et d’apaiser la colère suscitée par les échecs successifs de la CAN et du Mondial 2026.Cette précipitation interroge. La désignation d’un nouveau sélectionneur est présentée comme une urgence absolue, alors que le calendrier ne justifie pas une telle fébrilité. La prochaine fenêtre FIFA n’est prévue que le 21 septembre, tandis que les éliminatoires de la CAN 2027 ne débuteront qu’au mois de mars prochain. Le temps existe donc pour mener une réflexion sérieuse sur le projet sportif de la sélection nationale.La véritable priorité est ailleurs. Avant de penser au successeur de Petkovic, la Fédération doit d’abord procéder à une évaluation complète des causes de la débâcle. Les supporters et l’ensemble des observateurs attendent des explications claires sur les choix qui ont conduit à cette situation.La responsabilité du président de la FAF apparaît en effet difficile à éluder. C’est sous son mandat que les Verts ont connu deux échecs majeurs, à la CAN puis au Mondial. Plus encore, c’est lui qui avait fait le choix de prolonger Vladimir Petkovic avant une compétition majeure, en dépit des nombreuses réserves exprimées quant aux performances de l’équipe et aux orientations techniques du sélectionneur. Une décision prise alors que plusieurs signaux d’alerte étaient déjà au rouge. Dans ce contexte, annoncer précipitamment le nom d’un nouveau sélectionneur, aussi prestigieux soit-il, ressemble à une tentative de déplacer le débat plutôt qu’à une volonté d’assumer les responsabilités. Changer d’entraîneur ne saurait effacer les erreurs de gouvernance ni exonérer ceux qui les ont prises. L’heure n’est donc pas à la communication ni aux effets d’annonce. Elle est au bilan, à la transparence et à la reddition de comptes. Ce n’est qu’après avoir assumé les responsabilités de chacun que le football algérien pourra envisager une véritable reconstruction, sur des bases solides et crédibles.

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