
Le silence de la Fédération algérienne de football (FAF) sur l’avenir de Vladimir Petkovic n’est plus une simple stratégie de communication. Il traduit une réalité beaucoup plus embarrassante : l’instance fédérale est aujourd’hui dans une véritable impasse. Si le sort du sélectionneur suisso-bosnien est, en réalité, déjà scellé, aucune annonce officielle n’a été faite, tout simplement parce que la FAF cherche encore comment se sortir d’un dossier qu’elle a elle-même créé.Après les échecs enregistrés à la tête des Verts, il est devenu inconcevable d’imaginer Vladimir Petkovic poursuivre sa mission. Lié à la FAF par un contrat courant jusqu’en 2028, le technicien a perdu toute légitimité. Plus personne, ou presque, ne souhaite le voir continuer son aventure avec la sélection nationale. Le divorce est consommé depuis longtemps, tant auprès des supporters que des observateurs du football algérien.Le rejet ne concerne d’ailleurs pas uniquement le sélectionneur. Son adjoint, aperçu dans les tribunes aux côtés des supporters suisses lors du dernier match de la Nati, a lui aussi alimenté la colère et l’incompréhension. Une image qui a profondément choqué de nombreux supporters algériens et qui résume à elle seule la rupture entre ce staff technique et son environnement.Mais si Petkovic est toujours officiellement en poste, ce n’est pas par conviction sportive. C’est parce que la FAF est prisonnière d’un contrat qu’elle peine aujourd’hui à dénoncer sans en payer le prix fort.Selon plusieurs indiscrétions, la Fédération a mobilisé des juristes spécialisés en droit des contrats afin de passer au peigne fin l’accord signé avec le technicien suisso-bosnien. Chaque clause serait minutieusement étudiée dans l’espoir de découvrir une faille ou un élément susceptible de renforcer la position de la FAF et de lui permettre de limiter les conséquences financières d’une séparation.L’objectif de Walid Sadi serait désormais de trouver un levier de pression susceptible de ramener Vladimir Petkovic autour de la table des négociations afin d’aboutir à une rupture conventionnelle. Une solution qui permettrait de réduire le montant des indemnités que devrait verser la Fédération, et donc d’éviter une facture particulièrement lourde pour les finances du football algérien.Cette situation est pourtant la conséquence directe d’une gestion pour le moins contestable. Car faut-il le rappeler, le premier responsable de cette impasse n’est autre que Walid Sadi lui-même. C’est sous sa présidence que Vladimir Petkovic a été choisi et qu’un contrat de longue durée, jusqu’en 2028, lui a été accordé. Aujourd’hui, celui qui se présentait comme l’homme du renouveau tente de réparer les erreurs d’un dossier qu’il a lui-même piloté.Au lieu d’assumer rapidement ses responsabilités et d’apporter la clarté qu’exige une telle crise, la FAF donne le sentiment de gagner du temps, espérant trouver une solution juridique là où le problème est avant tout le fruit d’un mauvais choix sportif et d’une mauvaise anticipation contractuelle.À moins de deux mois des premières dates FIFA, l’équipe nationale demeure dans un inquiétant flou. Le sélectionneur est condamné à partir, mais reste officiellement en poste. Son successeur est déjà au cœur de nombreuses rumeurs, sans qu’aucune décision ne puisse être prise tant que le dossier Petkovic n’est pas définitivement réglé.Cette crise illustre une nouvelle fois les limites de la gouvernance actuelle de la FAF. Une institution qui, au lieu de préparer sereinement l’avenir de la sélection nationale, consacre aujourd’hui son énergie à chercher une échappatoire juridique à un contrat qu’elle n’aurait jamais dû négocier dans de telles conditions.
Red
Rivalite Sport Rivalite Sport