FAF : Une commission technique pour sauver Sadi, pousser Petkovic vers la sortie et tromper l’opinion

La réunion en urgence de la commission technique de la Fédération algérienne de football (FAF), tenue ce jeudi, n’aura finalement été qu’une étape supplémentaire dans un scénario soigneusement préparé. Présentée comme une évaluation objective du travail de Vladimir Petkovic, cette rencontre n’a fait que confirmer les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs semaines et valider une stratégie déjà arrêtée par Walid Sadi.Composée du Directeur technique national Ali Mouceur et de deux de ses collaborateurs, des Directeurs techniques sportifs des clubs professionnels, du sélectionneur de l’équipe militaire Kamel Kaci Saïd ainsi que de l’ancien sélectionneur national Rabah Saâdane, cette commission était chargée d’examiner le bilan du technicien suisso-bosnien. Son verdict n’a surpris personne : Petkovic aurait atteint les objectifs qui lui avaient été fixés.Une conclusion qui soulève pourtant une interrogation fondamentale. Quels étaient réellement ces objectifs ? Car à aucun moment cette commission n’a jugé utile de s’interroger sur leur faiblesse, pourtant flagrante au regard des ambitions légitimes de la sélection nationale, du salaire particulièrement élevé du sélectionneur, des moyens considérables mis à sa disposition et, surtout, de la qualité de l’effectif algérien. Une analyse technique digne de ce nom aurait dû mettre ces éléments au cœur de son rapport. Elle s’en est soigneusement gardée.Ce silence est loin d’être anodin. Remettre en cause les objectifs aurait inévitablement conduit à désigner leur véritable auteur : Walid Sadi. C’est lui qui a choisi Vladimir Petkovic. C’est également lui qui lui a renouvelé sa confiance et prolongé son mandat avant la Coupe du monde, malgré les nombreuses alertes, les contre-performances répétées et les critiques de plus en plus nombreuses. Il est donc le premier responsable de la situation actuelle. La commission technique a préféré contourner cette évidence, confortant ainsi le président de la FAF dans ses propres choix au lieu de les examiner avec l’indépendance attendue.Sans surprise, la FAF s’est immédiatement appuyée sur ce rapport pour annoncer le maintien officiel de Vladimir Petkovic à son poste. Dans le même temps, ses deux adjoints sont sacrifiés, comme s’ils étaient les seuls responsables des insuffisances constatées. Antar Yahia est ainsi désigné premier adjoint du sélectionneur, tandis qu’un autre assistant sera prochainement nommé.Une décision qui relève davantage de la communication que d’une véritable réflexion sportive. En changeant les adjoints tout en conservant le premier responsable du staff, la FAF cherche avant tout à donner l’illusion du changement sans toucher au fond du problème. Une nouvelle fois, le débat est volontairement détourné afin de tromper l’opinion publique et les supporters, à qui l’on tente de faire croire que des mesures fortes ont été prises.Mais le passage le plus révélateur du rapport est ailleurs. La commission technique recommande parallèlement d’entamer immédiatement les recherches pour trouver un successeur à Petkovic… au cas où celui-ci ne souhaiterait pas poursuivre son aventure avec les Verts.Cette recommandation est tout sauf anodine. Elle confirme les intentions à peine voilées de la FAF : pousser un entraîneur devenu largement indésirable en Algérie à présenter lui-même sa démission. Une méthode pour le moins inhabituelle, voire totalement contraire aux pratiques de gestion transparentes, qui permettrait à la Fédération d’éviter d’assumer un licenciement et surtout d’échapper à une longue bataille juridique accompagnée d’une indemnisation potentiellement très lourde.Autrement dit, la FAF veut le départ de Petkovic, mais refuse d’en assumer les conséquences financières et administratives. Elle préfère exercer une pression indirecte jusqu’à obtenir une démission qui arrangerait tout le monde… sauf la vérité.Cette manière de procéder soulève une véritable question de gouvernance. Si la Fédération considère que Petkovic est l’homme de la situation, pourquoi prépare-t-elle déjà son remplacement ? Et si elle estime qu’il n’est plus l’entraîneur capable de conduire les Verts, pourquoi ne prend-elle pas une décision claire et assumée ?En réalité, cette commission technique apparaît davantage comme un alibi que comme un organe indépendant d’évaluation. Son rapport offre une couverture institutionnelle à une stratégie qui consiste à préserver Walid Sadi de toute responsabilité, tout en organisant discrètement la sortie d’un sélectionneur dont la Fédération ne veut plus assumer le coût du licenciement.À deux mois seulement des prochaines échéances internationales, la FAF continue ainsi d’accumuler les contradictions, les demi-mesures et les mauvaises manœuvres. Une gestion qui entretient l’instabilité autour de la sélection nationale et qui illustre, une fois de plus, la difficulté de ses dirigeants à assumer pleinement leurs propres décisions.

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