
De qui se moque la Fédération algérienne de football ? La question mérite d’être posée après la publication des conclusions de la commission technique installée en urgence par la FAF. Réunis pendant seulement quelques heures, les prétendus experts de la balle ronde ont livré un rapport étonnamment élogieux sur le bilan de Vladimir Petkovic, allant jusqu’à considérer que le technicien suisso-bosnien a atteint les objectifs qui lui avaient été assignés, laissant presque croire qu’il a réalisé des exploits à la tête des Verts.Une appréciation qui défie toute logique et qui contraste violemment avec ce que les Algériens ont vu sur le terrain. Car avant même d’évaluer le travail de Petkovic, encore faudrait-il s’interroger sur la nature de ces fameux objectifs. Des objectifs particulièrement modestes au regard du salaire colossal du sélectionneur, des moyens considérables mis à sa disposition et surtout de la richesse de l’effectif algérien, capable de prétendre à bien mieux que les désillusions accumulées ces derniers mois.Cette commission s’est d’ailleurs soigneusement gardée d’aborder le véritable problème : les responsabilités de Walid Sadi. Pourtant, le président de la FAF est le premier comptable de la situation chaotique dans laquelle s’est enfoncée la Fédération. C’est lui qui a choisi Petkovic, qui lui a accordé sa confiance et qui a cautionné sa gestion jusqu’à conduire la sélection nationale dans une impasse sportive.Derrière ce rapport se cache surtout une manœuvre qui n’a rien de conventionnel. En affichant publiquement un soutien au sélectionneur tout en laissant filtrer depuis plusieurs jours des informations sur son départ, la FAF tente de pousser Petkovic vers une démission afin d’éviter le coût financier d’un licenciement. Une stratégie aussi maladroite que contestable, qui révèle une nouvelle fois une gouvernance davantage préoccupée par les calculs personnels que par l’intérêt du football algérien.Car, malgré les louanges contenues dans ce rapport, les faits restent implacables. Les prestations de l’équipe nationale lors de la CAN 2026, puis au Mondial 2026, ont mis en lumière les limites tactiques et managériales de Vladimir Petkovic. Pour une immense partie des supporters, ces résultats demeurent une véritable humiliation au regard des ambitions et du potentiel de l’Algérie.Au final, cette commission technique n’aura servi ni à établir un diagnostic sérieux ni à tirer les leçons d’un échec. Elle aura surtout offert une tentative de réécriture de la réalité, au mépris de ce que tout un peuple a vu et vécu. En voulant masquer une erreur de casting par un rapport de complaisance, la FAF et son président donnent une nouvelle illustration de leur méthode de gestion : réparer une faute par une autre, encore plus grande, encore plus absurde.Loin de restaurer la crédibilité de l’institution, cette initiative ne fait qu’accentuer le fossé entre les dirigeants de la FAF et les millions d’Algériens qui attendent enfin une véritable remise en question plutôt qu’un exercice d’autosatisfaction.
Red
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